Entre ton bras et la victime,
Il reste un souffle, un fil de vie…
Que tu recouvres de ton crime,
Bourreau - tu sais, on te l'a dit.
Entre ton bras et la victime,
Il y a l'Ordre : « Chef, oui Chef ! »
Ton cœur soumis, pusillanime,
Ton vieux réflexe - derechef.
Entre ton bras et la victime,
Dieu te regarde, là, tu vois ?
Pour jauger ton innocence
Le jour où Lui… pardonnera.
Pauvre Bourreau, ce jour, Victime,
Tu voudras bien qu'on ait compris
La Vérité qui, dans ces rimes,
N'a rien d'une banale poésie.
Tu voudras même qu'on fasse lecture
Obligatoire, par cœur, l'écho,
Là où l'on enseigne la torture,
À la grande école des bourreaux.
Tu vas nous dire : « J'ai reçu l'ordre. »
Certes, on t'a si bien éduqué…
Obéir, toujours ! Le désordre :
Le cauchemar des chefs pygmées.
Tu penses déjà à ta médaille ?
Tu trinqueras avec tes copains,
En ricanant sur la « racaille »
Qui saigne encore… ton prochain.
Quand tu comprendras, peut-être
Que ta vie touche à sa fin,
Tu verras ton choix, ton piètre
Rêve : être un tueur d'Humains.
Pour oublier, autant de femmes,
Tu videras autant de bières.
Sur ta poitrine brûlera, flamme,
L'image entière de ta misère.
Aurais-je mieux fait que toi, tristesse,
Devant la foule déchaînée ?
Donner des coups de poing-caresse,
Essayer vainement de parler ?
Ici, chacun joue son petit rôle,
Croyant l'avoir seul choisi…
Si je te dis que tu es une âme,
Et que tu peux changer, aussi…
Trouverais-tu, dans ton cœur, la larme
Qui t'ouvrirait vers l'Infini,
Et réveillant l'ancien vrai charme :
L'Amour, la Vérité, la Vie ?
Ou vas-tu choir ? tragique drame ?
Après ton bras… anéanti.
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Écrit par Jacques AADLOV-DEVERS
Attention
Catégorie : Pensée
Publié le 29/01/2026
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