Le Misanthrope
Ombres de mon esprit, retirez-vous, vil monde
Où l'homme en son dédain sème le fiel et l'onde
Ses mots mielleux sont d'une trahison profonde
De la vipère, on voit la mauvaise faconde
Las ! je chemine seul par ces chemins funèbres
Le tumulte des mortels chante les ténèbres
Et étreint mon cœur, sujet d'angoisses, de fièvres
Il voile à mes yeux l'astre des pensées célèbres
Mais que m'importe l'orgueil et la vanité
Quand la nuit, en sa sombre et pure vérité
Me livre en son sein la sereine liberté
Le vent me conte l'antique félicité
Ô gens ! qui tissez de vos langues mille chaînes
Vous qui portez le masque de vaines rengaines
Misanthrope, je fuis vos misérables plaines
Et trouve en mon désert de secrètes fontaines
Dans le silence, j'entends mes pensées fidèles
Le monde me repousse et ses feux sont cruels
Mon cœur, loin du vice et des querelles mortelles
Trouve en sa retraite le vrai repos éternel
Et quand la Mort m'appellera pour la rejoindre
Je n'aurai nul regret de quitter l'existence
La solitude du néant n'est point à craindre
Même défunt, je refuse toute accointance !
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Écrit par CRO-MAGNON
Être doué en quelque chose, le talent se travaille mais le génie n'a aucune règle apprise et impose son style.
Catégorie : Amitié
Publié le 22/02/2026
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