Lorsque les temps présents se font doucement noirs
Qu'il pleut sur le futur des enfants innocents
Et qu'alors maintenant on refuse de voir
Que c'est leur avenir qu'on rend pleurant
Quand les ans, les journées défient la cruauté
Quand les jours, les soirées se retrouvent marquées
Des mêmes syndromes, et absente bonté
Alors que gisent au sol les cent dix corps arqués
Et quand au loin, au nord, résonnent les canons
Étouffant les cris sourds des débris-nations
S'étiole sablier devant tes yeux voilés
Par les tristes tracés des visages volés
Et si autour de toi s'écroule ton passé
Par les bombes et les tirs ; les cités d'or cassées
Quand s'efface trop vite ta jeunesse sacrée
Que les hommes jaloux s'évertuent à voler
Quand ton petit monde et tes jeux enfantins
A leur tour bientôt pris par la folie des grands
Quand l'idéologie et ses nombreux pantins
Trouveront leur chemin dans tes pensées d'antan
Au moins, toi, tu auras - ici ou bien plus loin
Celui qui te portait quand vous jouiez gamins
Celui qui, dans Berlin quand on rêvait dormir
Te protégeait de corps en ligne de mire.
Car souvent quand sonne l'heure sombre, minuit
Il ne reste rien pour l'enfant paradis
Car dit le noir tocsin ; lègue des sombres fois
"Voilà l'avènement des plus atroces rois"
Roi des cités rouges et Or maître promis
Croisant le fer avec le marron funèbre
Qui de marron n'avait que jaune ténèbre
Ainsi en nos terres apportant barbarie
Néant, donc, excepté ces liens premiers
Malgré la tempête ils resteront marqués
Et, en dernière bouée, ils seront le phare
Des dessins-orages : quintessence de l'art.
Un jour ce ne seront plus qu'amères pensées
Revenant seulement quand on parle passé
Et les larmes coulées reflèteront alors
Celui qui est parti pourtant enfant encore
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