Pendant qu'au loin grondait la guerre civile,
Nous marchions, suivis de l'ombre servile,
Pourchassés par l'armée de l'état profond,
Car nous étions nous aussi la rébellion !
Nous étions les fous, les maudits, les poètes,
Les passionnés, les désespérés, les inquiets,
Ceux qui brûlent d'un feu qui n'est pas de ce monde,
Qui n'ont pour seul pays que l'âme vagabonde.
Nous ne courbions pas l'échine, ni le genou,
Nous ne reconnaissions que le vent, le ciel bleu,
Étions les enfants perdus de l'humanité,
Les indomptables, les rêveurs d'éternité.
Nous chantions les amours impossibles, les tourments,
Les fleurs noires, les abîmes des sentiments,
Nous étions les prophètes du chaos et de l'absurde,
Les blasphémateurs, les visionnaires sans turban ni bure.
De nos vers enflammés, jaillissaient des éclairs,
La révolte, la révolte, toujours à l'envers,
Et nos mots étaient des armes, des lames acérées,
Pour bousculer l'ordre établi, les lois figées.
Nous refusions les chaînes, les carcans, les prisons,
Nous étions des libres-penseurs, des insoumis, des fripons,
Nous rêvions d'un monde où l'homme serait enfin libre,
Où la poésie serait l'étendard, le délivre.
Mais les jours sombres ont succombé à la nuit,
Et la révolte a été étouffée, réduite en ennui,
Les désespérés ont plié sous le poids des années,
Et les rêves se sont envolés vers d'autres contrées.
Mais il reste en nous, ce souffle, cette flamme,
Qui jamais ne s'éteindra, même si le temps réclame,
Car nous sommes les fous, les maudits, les poètes,
Les passionnés, les désespérés, les inquiets.
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Écrit par Aegirios
Faire résonner pour raisonner
Catégorie : Politologie
Publié le 07/01/2026
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