<< Ô Poésie, " lorsque là-haut " * >> ..

Si je devais te définir tu me rirais au nez
Toi qui fièrement fuit de toute emprise
Comme l'eau des mers entre les mains.
Ta nappe soyeuse tentatrice. Il fallait que j'y m'immisce.
Les rivières qui s'écoulent en ton sein. Tu étais Babylone aux jardins suspendus.
Tu. Eté. Cléopâtre aux seins nus.
J'étais serré contre tes nuées lors des sanglots du départ.
L'ancre à mer. Je confondais mes vertiges et ton repos
Pour me soulever. J'ai tiré du puits immaculé d'encre et de sang.
Les poèmes dont l'essence réchauffait l'hiver.
Et rafraichissait " l'était " de l'être. Du " verbe ". In memoriam
Car tu étais le soleil. Le lion ailé de Babel.

Au bord du sentier, il y avait toutes les fleurs se réjouissant de tes rayons d'automne.
Car tu brises l'aile des félins. Les plus malins.
Se consument dans ton brasier. En témoigne, les dorures au pied des arbres.
Croyant se couvrir ainsi de tes lauriers.
Les débris de tes regards.
Reflet de l'astre royal sur le grand large.
Se mouillent dans ta nappe. Ce rideau amer. Qui clôt le cycle des naufrages.
Mais le poète marche sur l'eau.
Pour revivre dans l'encre, la nuit du désir, en mots.
Et il est rare qu'il ne coule pas dans la source.

On est en méditerranée. Sous les murs blanc d'Utique . .
On se souvient de la bataille de Zama.
Les cendres de l'âge se confondent avec la neige des cimes, dans l'écume.
Tes prunelles. L'œil du cyclone.
Ton prénom ovale me mouille les yeux sans même le prononcer.
Il est plus facile de nommer des ouragans que des poèmes.

"Mais c'est comme le climat tropical de ta bouche
On y perd la boussole de sa température
La mer géante nous croque d'une vague de douceur
Et notre peur moite s'agite. D'une verte tige.
Ecuelle à sons. Pluie. Tombés en diapason
Je reconnais là les rythmes de ta verdure.
Mais le son qui m'effleure s'éclot.
Dans le fracas de tes vagues.
Au sable de la première rencontre
Sur ton tapis de coquilles brisées"

Là où les légions romaines s'enlisent
Là où le périple mène Ulysse
Ta nappe soyeuse tentatrice
Il fallait que j'y m'immisce

" lorsque là-haut " * Ce sont les premiers mots d'une épopée babylonienne sur la création du monde (poème rédigé sous le règne de Nabuchodonosor Ier)

Écrit par Babel
Il n'y a qu'un oiseau qui se renouvelle et se redonne à lui-même la vie; les Assyriens l'appellent phénix.
Les Métamorphoses, XV, 392 de Ovide
Catégorie : Amitié
Publié le 14/09/2017
Ce texte est la propriété de son auteur. Vous n'avez en aucun cas le droit de le reproduire ou de l'utiliser de quelque manière que ce soit sans un accord écrit préalable de son auteur.
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Commentaires
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Posté le 14/09/2017 à 17:45:41
J'aime tout ce qui me rappelle Babylone aux murs bleus turquoise décorés, et j'aime aussi Carthage la thalassocratie disparue tragiquement, autant dire que cette très belle évocation, cette "épopée" à la babylonienne qu'est votre poème me réjouit, Babel.
jacou
Posté le 14/09/2017 à 18:03:08
Merci cher Jacou, amitiés poétiques.
Babel
Posté le 14/09/2017 à 18:18:15
Beau texte, poétiquement vôtre !
CRO-MAGNON
Posté le 14/09/2017 à 18:24:08
Merci cher Olivier, pareillement !
Babel
Posté le 14/09/2017 à 20:35:17
Bonjour Babel.
Un immense merci pour ce partage.
Ce texte est magnifique !
:-)
Iloa Mys
Posté le 14/09/2017 à 21:01:12
Bonjour Iloa ! Quel plaisir de te revoir !

Merci à toi !
Babel
Posté le 15/09/2017 à 00:29:05
Superbe ! Je vous félicite Babel.
suane
Posté le 15/09/2017 à 07:41:19
Une culture certaine dévoilée par ce texte.
TANGO
Posté le 15/09/2017 à 11:22:17
Merci Suane, TANGO, amitiés poétiques.
Babel
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19/04 12:04Yuba
Le message est envoyé à Rémi ...patientons :)
19/04 11:57Yuba
Bonjour Babel
19/04 11:57Yuba
La page d'acceuil a encore disparu ...je vais contacter Fluminis !
19/04 11:56Babel
bonjour Yuba
19/04 11:55Babel
la page d'accueil a un problème
19/04 10:53Yuba
Bonjour les mordus de poèmes , les fous des mots :)
19/04 01:26isma
Bonsoir
18/04 09:56Olivier RACHET
Bonsoir Yuba, bonsoir à toutes et à tous ! Oui jacou, une bien belle communauté...
18/04 11:30Yuba
Bonjour Georges , bonjour tout le monde !
18/04 10:29jacou
Bonjour belle communauté.
17/04 04:12Yuba
Bonjour Marinette ...merci pour ces impressions sur la communion des choses ...
17/04 02:01marinette
et sous mes pieds brûlants je sens le feu qui brûle
17/04 02:00marinette
je suis là entre les murs et sous la cendre
17/04 11:44Yuba
Bonjour Daniel, bonjour à toutes et à tous :)
17/04 11:03lefebvre
Bonjour les poètes
16/04 05:04Olivier RACHET
Oui espérons-le jacou. C'est bien le problème de ces magnifiques monuments, ils sont à la fois fragiles et solides, et ils réclament beaucoup de soins. La vieille dame n'a pas fini de nous émerveiller, croyez-moi !
16/04 10:41jacou
Oui, bonjour Assia, espérons qu'un nouveau Viollet-le-Du c architecte respecte bien la cathédrale...
16/04 10:36Yuba
Bonjour Georges ...et nous sommes également endeuillés avec elle et espérons qu'elle sera plus belle après "réparations" ...
16/04 10:34jacou
Mais notre poésie fait revivre toutes choses, alors écrivons !
16/04 10:34jacou
Bonjour à tous. Ce matin, Notre-Dame de Paris porte des traces de deuil...

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